Une conférence en anthropologie d'Ahmed Bennaoum à laquelle j'ai assisté il y a quelques années, m'incite à présenter Mascara comme suit: En matière d'histoire - en l'occurrence l'histoire des villes - on peut envisager deux approches différentes:
1. L'approche des historiens arabes qui se base sur la tradition orale et qui néglige les vestiges historiques parce que les cités arabes étaient faites de tentes faciles à démonter et ne duraient pas autant que les constructions en pierre.
2. L'approche des historiens coloniaux - de l'époque coloniale - qui recherchaient entre autres les vestiges de la civilisation grecque ou latine, la toponymie, les noms à consonnance latine qui justifiaient l'hégémonie du pouvoir colonial ayant pour but d'annexer la terre et les esprits.
Selon que l'on se réfère aux historiens français ou aux historiens arabes, l'histoire de la ville de Mascara est évoquée de deux façons différentes. Les premiers font référence au nom latin de l'endroit "Castra nova" et mettent l'accent sur la vocation d'abord agricole de cette petite ville de l'ouest algérien d'environ 120.000 habitants; ils mentionnent la production des vins - Côteaux de Mascara (qui a par ailleurs chuté suite à la décision prise à l'indépendance de supprimer les produits vinicoles). Les seconds évoquent le nom arabe d'Oum el askar, le côté spirituel et religieux dominé par la figure emblématique de l'émir Abdel Kader et d'Abi ras ennaciri.
Ali Boumaiza
Hôtel de ville puis Mairie il y a plusieurs années.
Aujourd'hui, la
Mairie est située cinq cents mètres plus loin, dans une nouvelle bâtisse.